Conditions de travail des permanents agence en logistique : une direction qui ne compose pas en négociation et qui force le résultat

Non contents d’avoir négocié une négociation annuelle obligatoire (NAO) 2020 unilatéralement, la Direction réitère avec une négociation logistique après l’échec de celle de juin.
À cette convocation, nous espérions être enfin écoutés, car, aucune des propositions de la CFTC-intérim n’avaient été prises en compte. Pourtant il s’agissait d’avancées financières raisonnables et équitables, pour les salariés permanents qui allaient travailler en détachement au sein de sites clients du secteur de la Logistique, sur de gros ManpowerOnSite (MOS).

Augmentation de la pression, déstructuration des temps de vie et de repos des salariés permanents sont attendus, sans réelle contrepartie...

Les nouveaux MOS Logistique seront gérés par le siège, selon le modèle « enterprise », avec l’aide des Services Clients Dédiés (SCD) et Centres de Services, Paie et Facturation (CSPF), afin de coller au mieux aux exigences du client sous-entendu, coller au mieux aux conditions des clients (Amazon, etc). Ces MOS entraineront de grosses modifications des conditions de travail pour les salariés permanents qui y travailleront, ainsi que des dégradations de la vie de famille des personnes concernées, ou des coûts supplémentaires (exemple de la garde d’enfants les dimanches).
Remettre tout à plat pour permettre à la Direction de nous rendre plus flexibles, est-ce une avancée ?
Ce type d’accord est selon la CFTC à négocier en branche, pour que toutes les entreprises de travail temporaire (ETT) soient consultées et négocient sur une même base.
Cet accord remettra en cause nos acquis tels que les 35h, nos conditions de travail : travail de nuit, en équipe, le dimanche ou week-end, les jours fériés, horaires flexibles…. Sommes-nous prêts à perdre cet avantage pour aider Manpower à gagner plus d’argent sans pour autant vous en rétrocéder une partie ?

...au bénéfice d’une logique de folie financière sans fond

N’oublions pas que la participation chez Manpower est quasi nulle depuis des années, que notre NAO 2020 est nulle, alors que les profits financiers directs (dividendes) et indirects (redevances de marques, redevances informatiques et autres soi-disant « services » américains du groupe) explosent.
La CFTC-intérim n’est pas contre l’élargissement des compétences, et gagner en compétitivité face à une concurrence ardue, mais nous ne voulons pas que notre métier premier devienne juste une manne financière pour les actionnaires Manpower, nous ne perdons pas d’argent, pour preuve nous avons réussi à atteindre les 2,8 milliards d’euros avec des conditions de travail dégradées en 2020.

2 € par jour pour travailler de nuit, de week-end, d’équipe, d’astreinte, de jours fériés : c’est n’importe quoi

En préambule de la négociation, la direction nous a de suite mis dans l’ambiance en nous disant que l’accord logistique était déjà mis en place pour le MOS de Survilliers Amazon, sans aucune signature d’organisation syndicale. Cet accord mis en place rapidement fait uniquement mention de dispositions légales en termes d’obligation de l’employeur. Pour exemple, la prime d’équipe fixe est de 2 € par jour, alors que la CFTC Intérim demandait 10 € par jour, c’est à dire un montant pourtant tout à fait raisonnable au regard de la sujétion et des conséquences sur la vie familiale et personnelle.
Après nous avoir vanté les bienfaits de MOS Logistique sur nos Directions Régionales, sur la bienveillance que Manpower apporte aux salariés intérimaires, sur la bonne ambiance et l’envie des salariés permanents à travailler sur ces MOS, la Direction nous indique que cette négociation aura pour but de faciliter le travail du dimanche afin de coller aux exigences des clients du secteur transport/logistique. Elle précise que sans l’accord des Organisations syndicales, il sera plus difficile pour Manpower d’entrer en compétitivité avec nos concurrents. Pour nous mettre en chantage de signer n’importe quoi, elle négocie en chantage en menaçant qu’elle le fera de toute façon quel que soit le moyen.

La direction est en train de reproduire le modèle du marché Pôle Emploi des années 2000, qu’elle a soldé en licenciant abusivement ses salariés mis sur ce marché

Le Prisme indique que le secteur du travail temporaire représente seulement 18% du secteur de la Logistique. Manpower n’est pas premier sur ce marché.
Cette négociation est un chantage envers les organisations syndicales, et nous rappelle amèrement le marché Pôle emploi qui avait été négocié de cette même façon en 2010. Les salariés permanents ont ensuite été malmenés par des mutations, licenciements ou des retours en agence sans aucune reconnaissance. Ce nouveau marché devait sauver des emplois, ouvrir des perspectives pour les salariés permanents, mais force est de constater que bon nombre de nos collègues ne sont plus chez Manpower à ce jour.
La direction avance que le pilier principal de cette nouvelle négociation logistique est le « volontariat » des salariés. Nous savons, pour avoir eu ces précédents exemples, que le volontariat n’existe pas chez Manpower.
À la CFTC-intérim nous évoquons sans cesse que le travail doit s’adapter à l’humain et pas le contraire. Actuellement Manpower met en avant « les salariés permanents doivent s’adapter continuellement aux exigences des clients et peu importe leur choix de vie. »

Modification du 25/03/2021 :
L’accord entre en vigueur de par la ratification des syndicats CFE-CGC, UNSA et CGT. La direction Manpower le publie en considérant que les indemnisations chiffrées qu’il comporte sont des données sensibles commercialement. Aussi, nous avons oblitéré le tableau d’analyse de l’accord dans le présent article. Les candidats à un poste de permanent Manpower dans une agence logistique doivent donc savoir que les contreparties du travail de nuit et de week-end sont particulièrement indigentes et faibles selon la CFTC-intérim. Nous contacter pour obtenir plus de détail.

L’équipe CFTC-intérim lance une enquête auprès des salariés permanents Manpower

La CFTC Intérim lance un sondage qui vous prendra 5 minutes pour nous donner votre avis et nous aider dans cette négociation qui changera nos conditions de travail.

Pour chacune des contraintes ou concession acceptée ci-dessous, quelle compensation raisonnable seriez-vous prêt pour accepter ? Merci de préciser à chaque fois si vous parlez :
- d’une prime (horaire ou journalière) et quel montant,
- d’une majoration (horaire ou mensuelle) et de combien de % ou d’euro,
- ou autre
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