Si en 2008 Manpower versait 24.000.000 d’euros de participation aux bénéfices à ses salariés, cette année pour l’exercice 2017 pourtant bien meilleur, l’entreprise ne leur verse plus un seul centime...

Si la CFTC Manpower a été la première il y a de nombreuses années à dénoncer la gestion purement financière de l’entreprise par ses dirigeants depuis le départ du fondateurs historique et la reprise en main des américains, force est de constater que le Comité Central d’Entreprise relaie désormais cette analyse.

Voici comment en quelques mots le CCE relate dans son avis sur la situation financière 2018, que :
- les résultats financiers sont très bons,
- mais que les dirigeants de l’entreprise sous-investissent dans l’outil industriel,
- et qu’ils brident les effectifs et la rémunération des salariés,
- dont en particulier la participation, qu’ils annulent par une exagération du montant des capitaux-propres.

CCE MANPOWER du 06.06.18

Avis des membres du CCE sur la situation économique et financière de Manpower France en 2018.

Le CCE rend un avis défavorable sur la situation économique et financière de l’entreprise aux motifs suivants :
- Le chiffre d’affaires 2017 d’un montant de 3,975 Md d’€ n’a jamais été aussi élevé depuis 2010 avec une croissance au moins équivalente à celle du marché, même si le retard n’a toujours pas été comblé par rapport à la branche.
- Malgré une baisse du taux de marge brute, le montant global de cette dernière augmente de 5,44 % en volume.
- Nous nous interrogeons sur le résultat de la stratégie mise en œuvre ces dernières années quant à notre trop faible positionnement sur les marchés du Tertiaire et du BTP, très porteurs actuellement ; de même, la part grandissante des Grands comptes au détriment des marchés HP et détail participent à la dégradation de notre rentabilité, ce qui est totalement à l’opposé des orientations stratégiques présentées au CCE.
- Nous constatons une performance décevante sur l’activité recrutement, qui malgré une croissance à 2 chiffres ( 12%) reste à près de 20 points derrière le marché ; nous nous interrogeons sur la stratégie de pilotage de cette activité.
- Il est important de souligner la très forte progression de la productivité des salariés permanents qui atteint 1,262 M d’€ par salarié, chiffre jamais atteint jusqu’à maintenant.
- L’autre indicateur SI/VME (Salarié intérimaire / Volume moyen emploi) témoigne aussi de cette performance (1 salarié permanent pour 30 intérimaires en 2017 contre 25 en 2008) et nous inquiète sur la qualité de vie au travail et la dégradation de la relation avec le personnel intérimaire.
- Au final, le résultat net se monte à 143 M d’€ sans partage de la valeur (pas de participation, pas de prime CICE, pas d’augmentation générale pour préserver le pouvoir d’achat, etc.)
- Enfin, le montant cumulé du CICE (sur la période 2013 – 2018) devrait s’élever à 787 M d’€, sans que cette somme ne soit utilisée dans des investissements significatifs pour le développement et le devenir de l’entreprise à moyen et long terme.
- Depuis plusieurs années, nous vous alertons sur le manque d’investissement massif sur la refonte de notre système d’information à propos duquel nous sommes très inquiets quant à sa pérennité : cet état de fait met l’entreprise en danger. Nous ne pouvons que regretter que la manne financière du CICE n’ait pas été utilisée à cette fin.
- Nous regrettons le caractère totalement disproportionné du montant des capitaux propres par rapport aux besoins de l’entreprise qui rend impossible le versement d’une participation aux salariés en l’état actuel.


Voir aussi notre article sur le texte d’accord Perco refusé par la la CFTC.