Notre Direction des Ressources Humaines a une manière félonne d’interpréter à son avantage l’historique des négociations consacrées à la GPEC (Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences).

En effet, le 11/02/2008, notre DRH communique à l’ensemble du personnel permanent un compte rendu sur la GPEC et sur le projet « trajectoires ». Il précise notamment : « Les échanges se sont déroulés au cours de quatre réunions dans un climat constructif ».

Rétablissons la vérité

Des quatre réunions dont parle le DRH, en réalité une seule peut être réellement qualifiée de négociations. La première et la deuxième ont été des tours de table demandant l’avis de chaque organisation syndicale. Vite expédiées, elles n’ont pas fait l’objet de négociation. La troisième est la seule qui peut être réellement qualifiée de réunion de négociation, pendant laquelle un échange entre la direction et les organisations syndicales à vraiment eu lieu. Quant à la quatrième, suite à un échange entre une organisation syndicale et la direction sur les listes prud’hommales, cette dernière a quitté la réunion (voir notre compte-rendu négociations sur la GPEC du 08/02/2008) sans même avoir abordé le sujet de la réunion à savoir la GPEC. Comme manière constructive, nous pensons que notre DRH a de sérieux efforts à faire, y compris sur ce sujet qui aurait pourtant pu être traité en dehors de toute polémique.

L’analyse que nous pouvons faire de ce comportement :

  1. La DRH ne craint pas de mentir aux salariés de l’entreprise pour se présenter sous des atours trompeurs.
  2. En refusant de négocier plus d’une journée sur la GPEC, elle souhaite imposer sa vision d’une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences au profit de l’entreprise et non de ses salariés.
  3. Un syndicat digne de ce nom ne peut signer un accord sur la GPEC sans obliger la direction à revenir s’asseoir à la table des négociations et à finaliser cet accord.

Un texte encore inacceptable

Il reste à ce jour dans le texte actuellement proposé quelques points bloquants. Notamment :
- un bridage de la liberté d’action des CHSCT en matière de protection des salariés et de leurs conditions de travail par rapport au droit commun,
- des propos que prête la direction aux organisations syndicales concernant la limitation de leur rôle en matière de stratégie d’entreprise, au lieu d’affirmer simplement ses propres prérogatives en la matière.

Par ailleurs, de nombreuses imperfections rédactionnelles subsistent dans le texte actuellement proposé.

Les syndicats font front commun, le CCE appelle à la reprise des négociations GPEC : la direction ne dit pas non

Aujourd’hui 19/02/2008, le CCE qui était consulté sur le projet d’accord GPEC a constaté l’inachèvement des négociations relatives à la GPEC. Il a donc refusé la consultation en l’état tout en appelant à la reprise des négociations. La direction n’a semble-t-il pas fermé la porte à cette demande.

Il est à noter qu’en dépit de ses affirmations velléitaires auprès des salariés, sous l’intranet Léo, concernant la mise en place du référendum, celui-ci n’est juridiquement possible que dans la mesure où au moins une organisation syndicale en exprimait la demande. Or, en l’état des discussions, aucune organisation syndicale n’était prête à ce jour à faire cette démarche. Donc, entre bonne volonté et principe de réalité, il reste encore difficile de faire la part des motivations de l’entreprise en matière de dialogue social.


Voir aussi :

- notre article postérieur sur la reprise d’une négociation GPEC en 2011 ;
- notre compte-rendu antérieur de réunion de négociation sur la GPEC du 8 février 2008.