Le processus électoral Manpower des 1er et 2nd tours s’est achevé aujourd’hui 12/12/2019, [1].

La CFTC Manpower, en légère progression de représentativité, est 5e (4e) syndicat et 2e dans le collège cadres permanents/intérimaires...

Syndicat toujours à la fois de valeurs et dévolu aux réalités quotidiennes des salariés, ni corporatiste, ni idéologique, la CFTC Manpower progresse légèrement en représentativité avec 13,6% brut (14,9% partiellement rectifié des fraudes cf. ci-dessous), 15,2% après décompte sur les seuls syndicats représentatifs (18,2% partiellement rectifié des fraudes). La CFTC-intérim Manpower est ainsi :
- le 5e syndicat de l’entreprise (4e syndicat rectifié des fraudes),
- le 2e dans le collège cadres permanents/intérimaires.

Résultats détaillés de la représentativité syndicale chez Manpower

Cliquez sur le tableau pour consulter les résultats détaillés par scrutins de collèges :

Cliquez sur le tableau pour consulter les résultats globaux par établissement :

À noter : le syndicat FO perd sa représentativité sur l’ensemble des établissements.

La CFTC Manpower n’est forte que du service que les équipes de représentants CFTC apportent à leurs collègues intérimaires et permanents, sans l’effet d’enseigne ni les fraudes électorales (voir ci-après) qui bénéficient à d’autres. La CFTC Manpower remercie donc ses militants, ainsi que tous les collègues intérimaires et permanents pour leur soutien dans les urnes !

Mais hors ce que nous dénonçons comme fraudes électorales UNSA, l’audience réelle de la CFTC-intérim est en fait supérieure...

La CFTC Manpower a attendu la fin du 2nd tour pour communiquer sur les résultats, pour ne pas lancer de polémique sur les fraudes UNSA avant la fin du scrutin. Même si les militants UNSA ont poursuivi au 2nd tour la mise en œuvre de leurs procédés frauduleux d’atteinte au secret et à la sincérité du vote, leur effet s’est trouvé en partie contenu par la communication anti-fraude neutre, adressée aux électeurs par la CFTC-intérim entre les deux tours. La hausse de la CFTC-intérim à 11,3% au 2nd tour sur l’établissement Nord au lieu de 9,9%, est donc plus proche de son audience réelle.

Au global France entière, la fraude ayant été moins intense qu’au 1er tour, le taux de 14,85% (18,22% rectifié des syndicats non-représentatifs) réalisé par la CFTC-intérim Manpower au 2nd tour, est donc plus proche de sa représentativité réelle [2].

...et l’audience UNSA très largement inférieure, malgré ses fraudes qui se sont poursuivies jusque pendant le 2nd tour et malgré les mises en demeure de la part de la CFTC...

Suite au 1er tour, la CFTC-intérim a adressé de manière privée à l’UNSA une mise en demeure, afin qu’elle cesse ses actions frauduleuses. Cette mise en demeure n’a d’ailleurs pas été relayée par l’employeur Manpower et les premiers témoignages d’électeurs nous ont permis de mettre en évidence la poursuite par l’UNSA de ses pratiques frauduleuses sur le 2nd tour, sans doute pour en gommer au maximum les effets et éviter un effondrement visible de ses résultats.

Malgré cette poursuite de la fraude, les résultats de l’UNSA ont tout de même baissé entre les deux tours de plus de 40% en nombre de voix, sur les collèges ouvrier-employé et assimilés encore ouverts au 2nd tour sur l’établissement Nord.

Dans cette configuration de moindre fraude UNSA, au niveau général entreprise le syndicat CFTC-intérim passe d’ailleurs 4e syndicat de l’entreprise, devant le syndicat UNSA qui est rétrogradé de la 2nde à la 5e position à l’occasion de ce 2nd tour.

Une pression frauduleuse de l’UNSA telle, qu’elle a fait perdre la représentativité à la CFTC-intérim sur l’établissement Nord

De part les préjudices subis par la CFTC-intérim sur l’établissement Nord où la pression frauduleuse de l’UNSA a été la plus forte et les actes constatés les plus nombreux, la CFTC-intérim se retrouve à regret obligée de mettre en contentieux le scrutin ouvrier-employé de cet établissement. Si la CFTC-intérim Manpower a toujours évité historiquement de contester un scrutin même quand elle perdait la représentativité sur un établissement (ce qui s’est produit 2 fois dans le passé), cette fois-ci elle ne la perd dans le Nord qu’à cause des conséquences de cette fraude massive par le syndicat UNSA.

Des atteintes au secret du vote et des pressions inacceptables de la part de l’UNSA, à l’encontre des électeurs qu’elle prétend pourtant représenter...

Grâce au témoignage de nombreux électeurs Manpower, la CFTC-intérim a pu mettre en évidence deux types de fraudes, à travers plusieurs dizaines de témoignages authentifiés par huissier.

La mécanique de fraude dénoncée est la suivante :

  1. Le militant UNSA utilise les informations personnelles de l’électeur intérimaire dont il dispose par accès aux fichiers agence (date de naissance et code postal du domicile), afin de régénérer les codes pour l’électeur, sous un format que l’électeur pourra facilement transmettre à l’UNSA.
  2. Le militant UNSA appelle l’intérimaire électeur en se présentant comme gestionnaire du dossier de l’intérimaire, soit de l’agence (qui donne les missions), soit du CE (qui attribue les avantages), afin que l’électeur soit mis en situation de dépendance.
  3. Puis le militant UNSA demande à l’électeur intérimaire qu’il lui envoie ses codes de vote : cette demande sous pression qui porte atteinte à la fois à la sincérité et au secret du vote est totalement illégale en matière d’élections professionnelle, justement pour éviter les pressions, beaucoup plus facile en milieu de travail par les mécanismes de subordination.
    1. soit l’électeur cède pour se protéger et envoie ses codes de vote à l’UNSA pour que le syndicat se substitue à l’électeur,
    2. soit l’électeur ne peut pas transmettre ses codes car il est au travail par exemple, ou bien qu’il tente de conserver ses codes de vote : en ce cas, pour le maintenir sous pression, le militant UNSA donne injonction à l’électeur de le prévenir par un pouce lorsqu’il aura voté UNSA, avec plusieurs relances ; la pression est alors plus subtile, en plaçant l’électeur dans un conflit de valeur, l’obligeant soit à mentir soit à voter UNSA comme il lui est demandé, afin de protéger ses accès aux missions et/ou aux avantages CE.

...avec une tolérance partiale de l’employeur Manpower en faveur de l’UNSA, qui s’apparente à un bienveillant soutien

Rappelez-vous avant le scrutin combien l’employeur avait déployé d’énergie pour attaquer en justice notre projet de concours visant à favoriser le vote des salariés électeurs intérimaires (sans d’ailleurs parvenir à faire condamner la CFTC-intérim). Pourtant :
- ce concours ne portait pas atteinte au secret du vote ni ne faisait pression sur les électeurs pour leur accès rien de moins qu’aux missions d’emploi ou aux avantages du CE !
- et de manière totalement partiale et incohérente, l’employeur Manpower n’a entamé aucune démarche juridique, judiciaire ou autre à l’encontre de l’UNSA, même lorsque les preuves de poursuites de ses actes de fraudes par l’UNSA lui ont été produites pendant le déroulement du scrutin !?

Sachant qu’un employeur Manpower n’agit pas de manière irrationnelle, nous vous laissons donc juge des motivations différenciées de l’employeur à l’encontre des différents syndicats, ainsi que de la conception respective que les syndicats UNSA et CFTC-intérim entretiennent dans leur relation aux salariés qu’ils représentent 🙂


Note : vous pourrez retrouver tous les procès-verbaux des élections professionnelles sur le site du Ministère du Travail : https://www.elections-professionnel...

Voir aussi :
- notre article antérieur sur la manière dont les électeurs peuvent participer à contrer la fraude lors des élections professionnelles Manpower ;
- notre article précédent sur le résultat des élections 2017-2018.