Intérimaires et leurs familles en détresse financière pour cause de blocage intégrale de leurs payes successives : quelques conseils pratiques

Si vous vous retrouvez sans aucun revenu pour vous seul(e) et/ou votre famille, nous vous invitons à saisir sans attendre :

  • le service social du FASTT : https://www.fastt.org/le-service-so...
  • la commission entraide de votre CSE Manpower, dont vous trouverez la liste selon votre région sur la page : https://www.ccemanpower.com/index.p...
    Si besoin, les délégués syndicaux CFTC-intérim vous accompagneront pour établir vos dossiers, contactez ceux de votre région : https://www.cftc-manpower.fr/la-cft...
  • les services sociaux de votre commune.
    Également, depuis le 1er mai, les arrêts de travail (hors maladie) sont transformés en activité partielle : à compter de cette date, vous pouvez donc désormais saisir des demandes d’acomptes sur vos arrêts de travail dans votre portail internet Mon Manpower.

De très nombreux salariés intérimaires en arrêt de travail se retrouvent avec deux payes mensuelles à zéro euro, au lieu d’un maintien de salaire dû de 90% !

Suite aux nombreux collègues nous ayant fait part de leur situation de détresse, voici quelques conseils pratiques. Ils peuvent notamment concerner ceux dont la paye a été bloquée à zéro euro par Manpower sur deux payes mensuelles de suite (avril et mai) pour cause d’arrêt de travail garde d’enfant, personne vulnérable ou maladie. Pour ces personnes en effet, même si l’employeur Manpower est normalement tenu d’assurer un complément de salaire à 90%, la direction de l’entreprise a décidé de bloquer l’intégralité des paies en attendant de connaître les versements sécurité sociale de 50% d’indemnité journalière de sécurité sociale et le cas échéant de prévoyance, mais sans se donner les moyens de donner une perspective de délai raisonnable aux salariés :

  • différé jusqu’à trois semaines pour que Manpower établisse l’attestation de sécurité sociale nécessaire à la prise en compte de l’arrêt de travail par la sécurité sociale,
  • envoi par Manpower de l’attestation non pas directement à la sécurité sociale, mais à l’intérimaire par la Poste (qui fonctionne mal en période de confinement), pour qu’il la renvoie à nouveau par la poste à la sécurité sociale (qui fonctionne toujours aussi mal pour ce nouveau renvoi),
  • mais comme les attestations sont souvent mal calculées par Manpower (manque de certaines rémunérations), celles-ci sont régulièrement refusées par la sécurité sociale, avec alors retour à la case départ pour l’intérimaire !
  • dans le meilleur des cas, en l’absence de télétransmission des arrêts de travail à la sécurité sociale par Manpower, les attestations papier des intérimaires s’entassent à la sécurité sociale, avec des retards importants de traitement et aucune perspective pour les intérimaires de toucher leur dû avant plusieurs semaines et probablement plusieurs mois.

    Il est à souligner que de nombreux collègues salariés permanents en agence et en centre de service paie-facturation (CSPF) alertent en vain la direction depuis plusieurs années : il s’agit donc bien d’une responsabilité politique et de gouvernance de l’entreprise, sur laquelle les salariés permanents en agence n’ont bien malgré eux aucune prise.

Une responsabilité directe de la direction Manpower sur la situation sociale de ses salariés intérimaires en arrêt de travail

Quoi qu’on puisse penser des intentions ou négligences de l’employeur Manpower, celui-ci transforme de fait ses propres choix et turpitudes en trésorerie à son profit, parfois pendant plusieurs mois, des montants d’indemnisation très importants qu’il doit aux salariés intérimaires.
La CFTC-intérim, rappelle en effet :

  • que Manpower a pourtant déjà la certitude de devoir payer en propre 3 jours de salaire à 90%, qui correspondent à la carence de la sécurité sociale : pourquoi n’en avoir pas organisé le versement systématique comme acompte ?
  • que c’est la direction Manpower qui refuse depuis des années de mettre en place la télétransmission des arrêts de travail à la Sécurité Sociale, ce qu’elle fait pourtant déjà sans aucun problème pour les accidents de travail par exemple ; pourtant, outre qu’elle résoudrait ainsi le problème des délais d’indemnisation de ses salariés intérimaires, elle réduirait également les frais postaux de l’entreprise et correspondrait à sa volonté affichée de dématérialisation. Alors, quelles sont ses motivations ?
    Le comble, c’est que les salariés intérimaires Manpower ainsi piégés (deux mois de suite dans la présente situation) étant en contrat Manpower :
  • ne peuvent ni s’inscrire à Pôle Emploi,
  • ni toucher le revenu de solidarité active (RSA),
    tout en devant se débrouiller avec des payes à zéro euro pour blocage administratif de la part de leur employeur, des 90% d’indemnisation de salaire à laquelle ils ont un droit très théorique...

La CFTC-intérim ira chercher une solution de fond pour régler définitivement le problèmes de l’ensemble des salariés intérimaires en arrêt de travail

La CFTC-intérim étudie actuellement les voies conventionnelles en branche et législatives, pour que d’ici quelques mois indépendamment de la volonté des employeurs de travail temporaire, ceux-ci ne puissent plus laisser leurs salariés intérimaires dans ce type de situation. La première piste consiste à mettre en place un dispositif mutualisé au niveau de la branche du travail temporaire.
Mais si la profession refuse, il est important que tous les salariés intérimaires concernés écrivent sans attendre à leur député pour lui expliquer la situation dans laquelle vous place la gestion de votre employeur Manpower : http://www.assemblee-nationale.fr/d...
Cette sensibilisation de votre député est importante, pour permettre à la CFTC-intérim de trouver ensuite des solutions législatives efficaces de long terme, qui éviteront la possibilité d’une telle répétition. Notamment, nous réfléchissons à un projet de loi imposant la subrogation et/ou la télétransmission aux employeurs de travail temporaire, au delà d’un certain effectif de salarié.


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